EXTRAITS  DES  LETTRES  D’OLIVIER  MESSIAEN
A  ALAIN  KREMSKI


   Après avoir écouté ses œuvres pour cloches anciennes d’Iran, gongs et cymbales tibétaines, Olivier MESSIAEN écrivait à Alain KREMSKI :
“… je les ai écoutées avec une attention soutenue et je peux vous assurer qu’il s’agit là d’un monde absolument nouveau, malgré ses attaches avec l’Orient traditionnel […] Ne soyez pas peiné de vous sentir seul : beaucoup de grands musiciens l’ont été et presque toute leur vie… […]
En tout cas, votre musique m’a transporté ailleurs, dans cet ailleurs extérieur et intérieur dont vous parlez si bien. j’ai aimé tout spécialement la “Révélation d’une force inconnue”, où les modulations modales s’opposent si subtilement aux harmoniques des gongs et aux résonances célestes des petites cymbales et aussi “Poèmes de l’exaltation” avec ses tempos superposés qui mélangent peut-être davantage la culture occidentale du Moyen-Age des temps modernes avec le Nirvâna oriental…”

   Et dans une analyse adressée à l’Académie des Beaux-Arts à Paris, Olivier MESSIAEN écrivait à propos des œuvres d’Alain KREMSKI : “…Cette analyse montre, je crois, combien j’estime Alain KREMSKI. Sa musique est entendue ; elle est admirablement orchestrée. Son évolution vers le dépouillement, la simplicité, un ascétisme presque oriental est manifeste…”
   Et le compositeur terminait par cette phrase : “j’aime cette méditation si pure…”